Avenue Foch, Le Havre

L’Avenue Foch est la plus large d’Europe. Elle suit une des lignes de fortifications de la ville qui furent détruites à partir de 1852. Certains de ses immeubles sont ornés de bas reliefs symbolisant les grands artistes et grands industriels de la cité, tels Dufy, Othon Friesz, pour la peinture, ou encore Augustin-Normand, pour la construction navale.

Dans le projet d’Auguste Perret, le boulevard (puis avenue) Foch prend des proportions exceptionnelles. Sa largeur rivalise avec celle des plus belles artères parisiennes, dépassant même l’ampleur des Champs-Élysées. Avec ses contre-allées bordées d’arbres, elle est conçue comme une voie triomphale emmenant depuis l’Hôtel de Ville, centre du pouvoir local, jusqu’à la mer, âme profonde de la cité. La Porte-Océaneapparaît comme un ensemble monumental, marquant symboliquement le lieu de passage entre le milieu urbain et le grand large. Elle est en outre un important nœud de communication avec le boulevard Albert 1er, dévalant depuis Sainte-Adresse en direction du port.

L’avenue appartient à la grande composition qui s’étend entre la place de l’hôtel de ville et le front de mer ouest. Large de 80 m et plantée de doubles rangées d’arbres, elle est bordée d’immeubles de sept niveaux. A l’ouest l’avenue s’achève sur les masses imposantes de la porte Océane. Deux modes de construction furent appliqués ici. La partie nord, sous la direction de Jacques Poirrier, fut préfabriquée, tandis que la partie sud fut réalisée in situ. Bordé d’un côté de barres, de l’autre de redents, le boulevard François 1er conduit au front de mer sud. Ce front d’un kilomètre de long (1127 logements), constitué d’immeubles de cinq niveaux et de deux tours, a donné lieu à une standardisation très poussée. Une trentaine d’architectes y travaillèrent sous la direction de Pierre-Edouard Lambert. Ces grandes opérations du triangle monumental (place de l’hôtel de ville, avenue Foch, porte Océane, front de mer sud, rue de Paris), ainsi que les abords du bassin du Commerce, sont d’incontestables réussites architecturales. Nombreux sont les édifices et les immeubles d’habitation dont la qualité est remarquable. Ils imprègnent l’espace public d’une urbanité raffinée, qui doit beaucoup à la langue inventée par Perret.

Dans les années 50, pour égayer les sobres façades des immeubles bordant l’avenue, la coopérative François Ier, une association de propriétaires d’immeubles détruits, et les Amis de l’Ancien Havre, commandent des bas-reliefs à plusieurs sculpteurs. Y figurent des évocations allégoriques du passé de la ville : corsaire, construction navale, industrie, Hercule terrassant l’hydre de Lerne… On y relève également les noms de quantité de sommités locales, tels l’historien Gabriel Monod, le poète Casimir Delavigne ou l’artiste-peintre Raoul Dufy. Il est toujours intéressant de rechercher ces œuvres d’art de part et d’autre de l’avenue et de tenter de les déchiffrer. Diverses sculptures sont plus récemment venues renforcer la vocation artistique de l’avenue, en bordure de la ligne de tramway. Comme à la Belle Époque, l’avenue Foch et le square Saint-Roch demeurent des lieux où il fait bon flâner.

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Photos anciennes  (sous-rubrique en construction)

Vues d’ensemble  (sous-rubrique en construction)

Immeubles  (sous-rubrique en construction)

Sculptures et contre-allées  (sous-rubrique en construction)

Bas reliefs

Sous la neige, la nuit…  (sous-rubrique en construction)